Culture

Farmer is spiritual

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Quand on dit Mylène Farmer on pense souvent aux clips majestueux qu’elle a pu tourner jusqu’à la fin des années 90, à son public très fidèle ou encore son univers étrange et mystérieux. Ce que l’on connait un peu moins de l’artiste, ce sont ses textes empreints de spiritualité et de philosophie, qu’elle a pu écrire au cours de sa riche carrière, et qu’elle continue de nous offrir.
Retour sur les plus beaux textes d’une chanteuse atypique.

 

Vertige (1995)

Instant présent tu es l’essence / Du voyage

Fin 1995, sort l’album Anamorphosée. Un an plus tôt, Mylène, et son acolyte de toujours, Laurent Boutonnat, sortaient leur premier film Giorgino, un échec important dans la carrière des artistes. Mylène s’en va alors pour les États-Unis et découvre le bouddhisme dont elle parlera couramment dans ses (rares) interviews. Parmi les livres qui ont inspiré la chanteuse : Le Livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rinpoché. L’album, très inspiré par cette nouvelle spiritualité, nous fait découvrir une chanteuse plus épanouie, résolument plus rock, renforcée par une sagesse reflétée dans les paroles de ses chansons. Vertige est le second titre de l’album, il sert également d’ouverture pour les concerts de la tournée 1996. Très inspirant, il évoque à la fois les concepts bouddhiques, tels l’impermanence de l’existence ou les Nobles vérités du Bouddha (« Son ignorance est sa souffrance »).

Laisse le vent emporter tout (1995)

Rester comme ça attaché / Ne peut rien changer

Avant de chanter ce titre lors de sa tournée 1996, Mylène Farmer prononcera ces quelques mots : « Il y a deux choix dans la vie : ou on regrette éternellement cette personne (que l’on a perdu) ou on la laisse partir et on est heureux pour elle et on essaie de continuer sa vie ». Laisse le vent emporter tout, c’est avant tout une chanson d’au-revoir, une déclaration à son frère récemment disparu. Ici encore la chanteuse est remplie de spiritualité et rappelle la nécessité de laisser-aller, d’accepter pour mieux avancer « Je laisse le vent emporter tout / Laisse le vent prendre soin de nous »

Tomber 7 fois (1995)

…Toujours se relever huit

Encore un titre de l’album Anamorphosée, dans ce top des chansons les plus importantes et spirituelle de l’artiste. Avec ce titre, dont le refrain très efficace est chanté par une chorale d’enfants, Mylène Farmer nous rappelle le fameux proverbe japonais : 七転び八起き – Les vicissitudes de la vie : « Sept fois à terre, huit fois debout »

Méfie toi (1999)

Les chemins sont multiples / Tout est question de choix

Nouvelle allusion, mais plus directe encore à Bouddha, dans ce texte issue de l’album Innamoramento sorti en 1999. Dans cette chanson qui prône le pouvoir féminin, la chanteuse évoque aussi bien les paroles du Bouddha (On est selon Bouddha, héritier de nos actes) que des principes forts comme les forces de l’Esprit.

A quoi je sers (1989)

Poussière vivante / Je cherche en vain ma voie lactée

C’est lors de sa toute première tournée en 1989, que Mylène écrira cette chanson. La rencontre avec le public, moment intense dans la carrière d’un artiste, l’interpelle sur le sens même de son existence. Si elle connaît la réponse à cette question ? Oui : Mylène affirme ne servir à rien du tout. Très sombre, sans espoir, ni de Dieu, ni de rien, la chanteuse nous livre une chanson désespérée. Très inspirée par le philosophe Emile Cioran (auteur entre autre d’un essai intitulé « De l’inconvénient d’être né » – que ça !) mais aussi du poète Luc Dietrich, auquel elle empruntera quelques mots pour les paroles de la chanson, Mylène fait ici preuve d’un grand pessimisme et nous interpelle, chacun, sur le propre sens de notre vie.


Devant soi (2006)

Le vent me dit quand vient le noir / J’ai devant moi beaucoup de vie et d’espoir

Quand son pygmalion Laurent Boutonnat, sort en 2007 son second film, Jacquou le Croquant, Mylène Farmer n’est cette fois pas devant la caméra mais apporte ses mots et sa voix à la bande originale. « Devant soi » est une allusion directe aux aventures difficiles du jeune héros, Jacquou, qui lutte contre le richissime Comte de Nansac. Remplie d’espoir, la chanson nous invite lors du refrain à se rappeler que « C’est devant soi, qu’il faut se voir / La vie n’est pas toujours ce que l’on croit ».

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